Itinéraire à pied dans Montmartre : du funiculaire au Sacré-Cœur

🇧🇷 POR | 🇫🇷 FR | 🇺🇸 EN | 🇪🇸 ES Montmartre est le genre de quartier qui punit ceux qui tentent de le visiter en courant. Les rues étroites, les escaliers et les détours entre les ruelles exigent du temps — et un itinéraire avec un début, un milieu et une fin vous évite de passer tout l’après-midi à tourner en rond dans le même pâté de maisons sans vous en rendre compte. Le dôme blanc du Sacré-Cœur, haut de 83 mètres, domine le sommet de la colline et sert de point de repère tout au long de la promenade. | Photo : Tove Liu / Pexels Par où commencer : la station Abbesses L’entrée la plus charmante de Montmartre se fait par la station de métro Abbesses, connue pour son entrée en fer de style Art Nouveau, conçue par Hector Guimard au début du XXe siècle — l’une des rares encore intactes à Paris. La station est également l’une des plus profondes du réseau, alors préparez-vous à monter plusieurs volées de marches ou à prendre l’ascenseur intérieur avant même de mettre le pied dans la rue. En sortant, dirigez-vous vers le Square Jehan Rictus, un petit jardin qui abrite le « Mur des Je t’aime », un panneau de carreaux de faïence bleus avec la phrase « je t’aime » écrite en 311 langues différentes. L’œuvre date de 2000, réalisée par les artistes Frédérique Baron et Claire Kito, et est devenue un arrêt incontournable pour ceux qui posent pour une photo romantique dans le quartier. Monter la colline : funiculaire ou escalier De la Place des Abbesses jusqu’au sommet de la colline, où se trouve le Sacré-Cœur, il faut compter environ 10 à 15 minutes de marche en pente, ou vous pouvez opter pour le funiculaire de Montmartre, qui monte en environ 90 secondes et fonctionne comme un transport public normal — c’est-à-dire qu’il accepte le même ticket que celui utilisé dans le métro, sans frais supplémentaires. L’alternative à pied implique environ 300 marches, réparties entre rues et escaliers, et a l’avantage de passer par des ruelles charmantes que le funiculaire survole tout simplement. Ceux qui préfèrent monter à pied trouveront des escaliers comme celui-ci disséminés dans les rues qui mènent au sommet de la colline. | Photo : TBD Traveller / Pexels Sacré-Cœur : la vue et la basilique Arrivé au sommet, le premier arrêt naturel est l’escalier devant la Basilique du Sacré-Cœur, d’où l’on voit une grande partie de Paris à perte de vue — par temps clair, on peut identifier la Tour Eiffel et le centre-ville en contrebas. L’entrée de la basilique est gratuite ; seule la montée au dôme, pour ceux qui veulent une vue encore plus haute, est payante et nécessite un billet séparé. La construction, de style romano-byzantin, est relativement récente pour les standards parisiens — elle a commencé à être érigée seulement à la fin du XIXe siècle, comme une sorte de vœu national après la guerre franco-prussienne, et n’a été achevée qu’en 1914, avec l’inauguration officielle après la Première Guerre mondiale, en 1919. Place du Tertre : les artistes de rue À quelques pas de la basilique se trouve la Place du Tertre, une petite place médiévale qui sert d’atelier à ciel ouvert depuis le début du XXe siècle. Peintres et caricaturistes — la plupart munis d’une licence officielle de la mairie pour y travailler — proposent des portraits rapides, des paysages et des caricatures aux passants. Il vaut la peine de se promener sans engagement avant de décider si vous voulez commander quelque chose : les prix et le style varient considérablement d’un artiste à l’autre. La place est petite et se remplit rapidement à partir du milieu de la matinée — ceux qui veulent des photos sans foule en arrière-plan doivent arriver le plus près possible de l’ouverture du jour. Rue Saint-Rustique, Rue Norvins et Le Consulat En quittant la Place du Tertre, il vaut la peine de s’engager dans la Rue Saint-Rustique, l’une des rues les plus anciennes du quartier, et de continuer jusqu’à la Rue Norvins. Sur le chemin se trouve le Le Consulat, un café historique qui a accueilli des noms comme Picasso, Renoir et Toulouse-Lautrec à l’époque où Montmartre était un repaire d’artistes pauvres, avant de devenir une destination touristique. Complément important : pour mieux comprendre l’histoire complète de la basilique et de la colline avant d’y aller, il vaut la peine de consulter notre guide de Montmartre et du Sacré-Cœur, avec un contexte historique et des conseils sur les horaires de visite. La Maison Rose et les vignes de Montmartre En descendant un peu par la Rue de l’Abreuvoir, apparaît la Maison Rose, une petite façade rose qui est l’une des images les plus photographiées du quartier — elle a fonctionné comme restaurant pendant des décennies et a été représentée par plusieurs peintres ayant vécu à Montmartre. En face, de l’autre côté de la rue, se trouve le Clos Montmartre, un petit vignoble en pleine ville que beaucoup de gens n’imaginent même pas exister — oui, Paris a une vraie vigne, plantée dans les années 1930 dans le but d’empêcher que la zone ne devienne un terrain de spéculation immobilière. La Maison Rose, l’une des façades les plus photographiées de Montmartre, se trouve à quelques pas du petit vignoble du quartier. | Photo : Jose D’Alessandro / Pexels Un peu d’histoire : de village d’artistes à point touristique Jusqu’à la fin du XIXe siècle, Montmartre était littéralement un village séparé de Paris, annexé officiellement à la ville seulement en 1860. Le terrain bon marché et la vue privilégiée ont attiré des moulins à vent, des vignobles et, plus tard, une génération de peintres qui ne pouvaient pas payer de loyer dans les quartiers centraux. C’est dans ces rues que Picasso, Van Gogh, Toulouse-Lautrec et Modigliani ont vécu et travaillé à un moment de leur carrière, souvent dans de minuscules ateliers collectifs sans chauffage. Cette réputation bohème a attiré des cabarets, dont le Moulin Rouge, toujours en activité au pied de la colline,